Friday, 10 September 2010

HIDDEN TREASURE, PEARL, DRAGNET


PARABLES OF THE HIDDEN TREASURE,
THE PEARL OF GREAT PRICE,
THE DRAGNET
EXPLANATION BY SAINT JOHN CHRYSOSTOM
IN FRENCH AND ENGLISH

http://jesusmarie.free.fr/jean_chrysostome_commentaire_evangile_saint_matthieu_3.html
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/frame.html
http://www.newadvent.org/fathers/200147.htm
http://www.ccel.org/ccel/schaff/npnf110.iii.XLVII.html

MATTHIEU 13:44-52

http://jesusmarie.free.fr/jean_chrysostome_commentaire_evangile_saint_matthieu_3.html
HOMÉLIE XLVII
" JÉSUS DIT TOUTES CES CHOSES AU PEUPLE EN PARABOLES, ET IL NE LEUR PARLAIT POINT SANS PARABOLES, AFIN QUE CETTE PAROLE DU PROPLIÈTHIE FUT ACCOMPLIE: J’OUVRIRAI MA BOUCHE POUR PARLER EN PARABOLES; JE PUBLIERAI DES CHOSES QUI ONT ÉTÉ CACHÉES DEPUIS LA CRÉATION DU MONDE. " (CHAP. XLII, 34, 35, JUSQU’AU VERSET 53.)
ANALYSE
1. De l’usage des paraboles et pourquoi Jésus-Christ parlait aux Juifs en paraboles. – L’Evangile nous montre Jésus-Christ semant lui-même, c’est-à-dire répandant les grâces, tandis que s’il faut punir, il le fait par le ministère des anges : c’est pour mieux faire voir sa miséricorde.
2. Double supplice des damnés. — Renoncer à tout c’est un gain et non pas une perte.
3 et 4. Combien nous devons être soigneux de lire l’Ecriture sainte. . — Que la vertu est comme un corps d’une beauté parfaite, dont l’humilité est la tête, description du corps. — Excellence de la pauvreté évangélique.


1. Saint Marc dit que Jésus-Christ parlait en paraboles à ce peuple, " autant qu’il était capable de l’entendre, " (Marc, IV, 33.) Et pour montrer ensuite que ce n’était pas là une nouveauté dont on n’eût jamais ouï parler, il fait voir que les prophètes avaient prédit cette manière d’enseigner. Il montre ensuite que le but du Sauveur dans ces paraboles, n’était pas d’aveugler les Juifs et de les jeter dans l’ignorance, mais de les exciter à s’instruire et à se faire éclairer sur ce qu’on leur disait si obscurément : " Il ne leur parlait point, " dit-il, " sans paraboles, " du moins en ce moment-là, car il leur avait déjà parlé autrement qu’en paraboles. Et néanmoins personne ne l’interrogea.
Les Juifs avaient fait autrefois plusieurs questions aux prophètes, comme à Ezéchiel et aux autres, mais ils ne font rien de semblable à l’égard de Jésus-Christ. Quoique ce qu’il leur disait fût de nature à les étonner et à les porter à s’en éclaircir, parce que ces ‘paraboles se terminaient à de grandes menaces, rien néanmoins ne les put toucher. C’est pourquoi, les ayant quittés, il s’en alla.
" Après cela Jésus ayant renvoyé le peuple, vint à la maison (36); n pas un des scribes et des pharisiens ne le suivit alors, ce qui fait voir qu’ils ne le suivaient que pour lui dresser des piéges. Comme donc ces hommes ne comprenaient rien à ses paroles et ne s’inquiétaient pas de les comprendre, Jésus-Christ les laissa désormais de côté.
" Ses disciples s’approchant de lui, lui dirent: Expliquez-nous la parabole de l’ivraie semée dans le champ (36). " On voit les disciples trembler ailleurs, lorsqu’ils veulent faire quelque demande à Jésus-Christ. D’où leur vient donc ici cette hardiesse? C’est parce que Jésus-Christ venait de leur dire : " Il vous est donné de connaître les mystères du royaume des cieux. " Cette parole les avait remplis de confiance. C’est pourquoi ils s’approchent de Jésus-Christ pour lui faire cette question. Ils l’interrogent en particulier et non par aucun mouvement d’envie contre le peuple; mais seulement pour obéir à la loi de leur maître qui leur avait dit: " Et cela ne leur a pas été " donné. "
Ils ne demandent point à Jésus-Christ l’explication de la parabole " du levain " et de celle "du grain de sénevé, " parce qu’elles étaient assez claires d’elles-mêmes : mais ils l’interrogent sur celle de " l’ivraie " comme ayant plus de rapport avec la parabole des semences et renfermant encore plus d’instructions. Car ils ne regardaient point cette seconde comparaison seulement comme une redite; et les menaces étonnantes qu’ils y entrevoyaient, les excitaient encore plus à en demander (366) l’éclaircissement. C’est pourquoi Jésus-Christ ne leur reproche point leur ignorance, mais il satisfait à leur désir. Il leur explique cette parabole; il l’explique comme je vous ai si souvent dit qu’il fallait faire, c’est-à-dire en ne s’attachant pas à la lettre et aux moindres mots, ce qui donnerait lieu à beaucoup d’absurdités, Il nous apprend lui-même cette vérité par la manière dont il explique cette parabole. Car il ne dit rien de " ces serviteurs "qui vont trouver leur maître quand ils s’aperçoivent " qu’on avait semé de l’ivraie au mi-"lieu du blé. " Mais témoignant que cette circonstance n’avait été ajoutée que comme une suite de la parabole, et pour en rendre l’image plus vive et plus naturelle, il ne s’y arrête point, et passe à ce qui était le but principal de la parabole, et il fait voir clairement qu’il est le juge et le Seigneur de toutes choses.
" Et il leur, parla en cette sorte : Celui qui sème le bon grain c’est le Fils de l’homme " (37). Le champ c’est le monde, le bon grain ce sont les enfants du royaume, l’ivraie ce sont les enfants du malin esprit (38). L’ennemi qui l’a semée c’est le diable, la moisson c’est la fin du monde; les moissonneurs ce sont les anges (39). Comme donc on cueille l’ivraie et on la brûle dans le feu, il en arrivera de même à la fin du monde (40). "" Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils ramasseront et enlèveront hors de son royaume tous les scandales, et ceux qui commettent l’iniquité (41). Et ils les précipiteront dans la fournaise du feu. C’est là "qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents (42). " Puisque c’est Jésus-Christ qui sème, que c’est dans son champ qu’il sème, et qu’il ramasse l’ivraie pour la jeter hors de son royaume, il est visible que tout le monde est à lui, et qu’il en est le Seigneur.
Mais considérez combien est grande sa bonté envers tous les hommes; comme il est toujours prompt à leur faire du bien, et éloigné de les punir. Car lorsqu’il faut semer, il le fait par lui-même; mais lorsqu’il faut punir il le fait par d’autres, c’est-à-dire, par les anges: " Le Fils de l’homme, " dit-il, " enverra ses anges. "
" Et alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père (43)." Non qu’ils ne brillent alors beaucoup plus que Je soleil; mais il se sert de cet exemple, parce que rien sur la terre n’est si brillant que cet astre. Jésus-Christ dit en d’autres endroits de son Evangile, que la " moisson " est déjà arrivée, comme lorsqu’il dit à ses apôtres, au sujet des Samaritains : " Levez vos yeux, et voyez que les campagnes sont déjà blanches pour la moisson (Jean, IV, 35) ; " et ailleurs:
" La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. " (Luc, X, 2.) Si " la moisson " est déjà prête, comment dit-il ici qu’elle n’arrivera qu’à la fin du monde? Le Fils de Dieu, mes frères, dans ces deux endroits de l’Evangile, entend par le mot de " moisson " une autre chose que ce qu’il entend ici. Mais, direz-vous, pourquoi, lorsqu’ailleurs il dit: " Que c’est l’un qui sème et l’autre qui recueille (Jean, IV, 36), " il dit néanmoins ici que c’est lui-même qui sème? C’est parce que, lorsqu’il disait : " Que l’un sème et que l’autre " recueille, " il comparait les prophètes qui avaient semé, avec les apôtres qui devaient recueillir, ou les Samaritains avec les Juifs; mais c’était lui-même qui avait toujours semé même par les prophètes. Il se sert même indifféremment en quelques endroits du nom de " semence " et " de moisson, " pour marquer une même chose par différents noms. Car lorsqu’il veut exprimer la foi et l’obéissance de ceux qui l’écoutaient, il se sert du nom de " moisson, " comme pour montrer qu’il avait alors consommé tout son ouvrage : mais lorsqu’il cherche le fruit de la prédication, il en appelle la consommation tantôt du mot de " moisson, " et tantôt du nom de " semence."
2. Mais comment est-il dit ailleurs que les justes seront les premiers " enlevés en l’air; "puisque Jésus-Christ commande ici que l’on commence par " cueillir l’ivraie et la lier pour la jeter dans le feu? " Les justes seront les premiers e enlevés dans l’air auprès de " Jésus-Christ, " aussitôt qu’il paraîtra : mais c’est seulement après que les méchants auront été condamnés et livrés aux supplices, que les justes enfin iront dans le royaume des cieux. Comme il faut que les justes soient dans le ciel, et que c’est sur la terre que Jésus-Christ viendra juger tous les hommes, aussitôt qu’il aura condamné les méchants, il s’en retournera au ciel comme un roi triomphant accompagné de ses amis, qu’il rendra héritiers de sa gloire et de son royaume. Ainsi les méchants souffriront une double peine, la première (367) d’être brûlés dans ces feux, et la seconde d’être éternellement privés de la gloire.
Mais d’où vient, me direz-vous, qu’après même que le peuple s’est retiré, Jésus-Christ ne laisse pas de parler encore en paraboles à ses disciples? Parce que les instructions de leur Maître leur avaient ouvert l’intelligence, et qu’ils comprenaient mieux maintenant. C’est pourquoi il leur dit à la fin de ce discours " Avez-vous entendu tout ceci? Oui, Seigneur, répondirent-ils. " Ainsi outre les autres avantages de ces paraboles, Jésus-Christ en retirait encore cette utilité, qu’elles rendaient ses apôtres plus intelligents et plus habiles. Mais voyons ce que Jésus-Christ leur dit ensuite.
" Le royaume des cieux est semblable encore à un trésor caché dans un champ, qu’un homme ayant trouvé, cache de nouveau, et dans la joie qu’il en ressent, il va vendre tout ce qu’il a et achète ce champ (44). "
" Le royaume des cieux est semblable encore à un marchand qui cherche de belles perles (45); lequel ayant trouvé une perle de grand prix, va vendre tout ce qu’il avait et l’achète (46). " Comme les deux paraboles " du grain de sénevé et du levain " n’ ont beaucoup de rapport ensemble, il se trouve aussi que celles du trésor et de la perle sont assez semblables. L’une et l’autre nous font entendre qu’il faut préférer la prédication de l’Evangile à tous les biens de la terre. Ces deux premières du sénevé et du levain en marquent la force, et ces deux dernières nous en font voir l’excellence. La prédication de l’Evangile croît comme " le grain de sénevé; " elle s’étend comme " le levain " qui pénètre toute la pâte où on le mêle. Elle est aussi précieuse que " les perles, " et elle enrichit et sert à toutes choses comme " le trésor. "
Nous n’y apprenons pas seulement à mépriser tout pour nous attacher uniquement à la parole évangélique, mais encore à le faire avec plaisir et avec joie. Car celui qui renonce à ses richesses pour suivre Dieu, doit être persuadé que bien loin de perdre il gagne beaucoup en y renonçant. Vous voyez donc, mes frères, que la parole et la vérité évangélique est cachée dans ce monde comme un trésor et que tous les biens y sont renfermés. On ne peut l’acheter qu’en vendant tout. On ne peut la trouver qu’en la cherchant avec la même ardeur qu’on cherche un trésor.
Car il y a deux choses qui nous sont entièrement nécessaires; le mépris des biens de la vie, et une vigilance exacte et continuelle. " Le royaume des cieux, " dit Jésus-Christ, " est semblable à un marchand qui cherche " de belles perles, lequel en ayant trouvé une " de grand prix, va vendre tout ce qu’il avait " et l’achète. " Cette perle unique est la vérité qui est une et ne se divise point. Celui qui a trouvé cette perle précieuse sait bien qu’il est riche, mais sa richesse échappe aux autres, parce qu’il la cache, et qu’il peut tenir dans sa main ce qui le fait riche. Il en est de même de la parole et de la vérité évangélique. Celui qui l’a embrassée avec foi, et qui la renferme dans son coeur comme son trésor, sait bien qu’il est riche; mais les infidèles ne connaissent point ce trésor, et ils nous croient pauvres parmi ces richesses.
Mais pour empêcher les hommes de s’appuyer trop sur ce qu’ils auront reçu l’Evangile, et de croire que la foi seule leur suffit pour les sauver, Jésus-Christ ajoute une autre parabole pleine de terreur. " Le royaume des cieux est encore semblable à un filet jeté dans la mer, et qui recueille des poissons de toutes sortes (47). "
"Et lorsqu’il est plein, les pêcheurs le tirent sur le bord, où s’étant assis ils mettent ensemble tous les bons dans des vaisseaux, et jettent dehors les mauvais (48). " En quoi cette parabole est-elle différente de celle " de l’ivraie, " puisque l’une et l’autre montre que de tous les hommes, les uns seront enfin sauvés, et lés autres réprouvés? Oui, en effet, nous voyons dans l’une et dans l’autre qu’une partie des hommes se perdent, mais d’une manière différente. Ainsi ceux qui étaient figurés par. la parabole des semences se perdent, parce. qu’ils n’écoutent point la parole de la vérité; ceux qui sont figurés par l’ivraie se perdent, par leur doctrine hérétique, et par leurs erreurs : mais ces derniers périssent à cause du dérèglement de leurs moeurs et de leur mauvaise vie. Et ceux-ci sans doute sont les plus misérables de tous, puisqu’après avoir connu la vérité et avoir été pris dans " ce filet " spirituel, ils n’ont pu se sauver dans l’Eglise même.
Jésus-Christ marque en un endroit de l’Evangile qu’il séparera lui-même les bons d’avec les méchants, comme un pasteur sépare les brebis d’avec les boucs; et il dit ici au (368) contraire, aussi bien que dans la parabole de l’ivraie, que ce discernement se fera par les anges. " C’est ce qui arrivera à la fin du monde. Les anges viendront et sépareront les méchants des justes (49), et les jetteront dans la fournaise du feu; c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents (50). " Le Sauveur parle quelquefois à ses disciples d’une manière plus simple et plus commune, et quelquefois aussi d’une manière plus élevée. Il interprète de lui-même cette parabole des poissons sans attendre qu’on l’interroge, pour inspirer encore plus de terreur. Car afin que vous ne croyiez pas qu’une fois jetés dehors les mauvais poissons n’auront plus rien à craindre, qu’ils en seront quittes pour une simple séparation, Jésus-Christ montre le châtiment qui les attendent dehors en disant qu’ils " seront jetés dans la fournaise du feu, " et il marque la violence de la douleur qu’ils souffriront en disant: " Là il y aura des pleurs et des grincements de dents. "
Considérez, je vous prie, mes frères, par combien de voies on peut se perdre. On se perd comme les semences ou " dans le chemin ", ou " dans les pierres "; ou " dans les épines. "
On se perd par l’ivraie ou l’hérésie. On se perd enfin, comme les mauvais catholiques, dans " le filet " de l’Eglise. Après cela est-ce sans sujet que le Fils de Dieu dit : "Que la voie qui mène à la perdition est e large, et que beaucoup y entrent? " (Matth, VII, 13.)
Ayant donc achevé ces paraboles et terminé ce long discours par la crainte, il l’augmente encore en s’étendant sur ce sujet et disant :
" Avez-vous entendu tout ceci? Oui, Seigneur, "répondirent-ils (54). " Et les louant de ce qu’ils l’avaient compris, il ajoute : " C’est pourquoi tout docteur qui est bien instruit en ce qui regarde le royaume des cieux, est semblable à un père de famille qui tire de son trésor des choses nouvelles et anciennes (52.) "
3. Le Fils de Dieu dit ailleurs : " Je vous enverrai des sages et des scribes. "(Matth. XXIII, 34.) Ainsi on voit qu’il ne rejette point l’Ancien Testament, mais qu’il le loue au contraire en l’appelant " un trésor ". Tous ceux donc qui sont ignorants dans I’Ecriture sainte ne seront jamais du nombre des vrais " pères de famille. " Ce sont des lâches qui ne savent rien par eux-mêmes, et qui ne veulent rien apprendre des autres. Ainsi ils meurent de faim, et ils périssent sans qu’ils s’en aperçoivent. Mais ceux-là ne seront pas exclus seuls de cette béatitude. Les hérétiques encore n’y auront aucune part; parce qu’ils " ne tirent point de leur trésor de choses nouvelles et anciennes. " En rejetant la loi ancienne, ils ne peuvent non plus suivre "la nouvelle" comme ceux qui rejettent " la nouvelle " se vantent en vain d’avoir " l’ancienne ". Ainsi en séparant l’une de l’autre, ils sont privés de l’une et de l’autre.
Ecoutons ceci, mes frères, nous tous qui négligeons de lire l’Ecriture sainte, comprenons quel tort nous nous faisons à nous-mêmes et dans quelle pauvreté nous nous jetons. Car comment nous pourrons-nous appliquer à la pratique de la piété, puisque nous n’en savons pas même les règles? Les personnes riches et avares ont soin de visiter souvent leurs mets-hies et leurs habits précieux pour empêcher qu’ils ne se gâtent, ou que les vers ne les mangent. Mais vous, lorsque votre âme se perd par l’oubli de ses devoirs, lorsque le ver de l’ingratitude la dévore, vous ne pensez point à avoir recours à ces livres saints tour vous guérir de cette langueur, et pour embellir votre âme, en traçant en elle une image de la vertu où sa tète et tous ses membres soient parfaitement représentés. Car la vertu est comme un corps d’une excellente beauté. Ce corps a sa tête et ses autres parties qui le composent, mais si belles et si agréables qu’il n’y a rien d’égal dans toutes les autres beautés du monde.
La tête de ce corps divin c’est l’humilité : c’est pourquoi Jésus-Christ commence les béatitudes par celle-ci : " Bienheureux sont les pauvres d’esprit. " (Matt. V, 3.)
Cette tête n’est point ornée par des cheveux bouclés et frisés, et néanmoins elle a tant d’agréments, qu’elle attire sur elle les yeux de Dieu même : " Sur qui, " dit-il, " jetterai-je mes regards, sinon sur celui qui est doux et humble, et qui tremble à la moindre de mes paroles ? " (Is. LXVI, 4.) Et ailleurs : " Mes yeux sont sur les doux et sur les humbles de la terre. " (Ps. XXXIII, 17.) Et ailleurs : " Le Seigneur est proche de ceux qui ont le coeur brisé." (Ps. XXXIV, 16.)
L’ornement et la couronne de cette tête (369) sainte c’est d’offrir à Dieu des sacrifices qui lui sont très-agréables. C’est un autel d’or; un autel spirituel : " Le sacrifice agréable à Dieu, " dit David, " est un esprit affligé et un coeur brisé. ." (Ps. L, 18.) Cette humilité sainte est la mère de la sagesse; celui qui la possède possédera tous les biens.
Après avoir vu, mes frères, l’excellence de cette tête auguste, admirez maintenant la beauté de son visage. Considérez quel est son teint et sa couleur, voyez-y cette rougeur si agréable que lui imprime la pudeur et la modestie dont le Sage disait: " La grâce et la beauté marchera devant celui qui a de la pudeur. " (Prov. XXXII, 11.) Cet éclat relève tout ce qu’elle a d’ailleurs de très-agréable, et il efface toute cette rougeur artificielle dont la vanité des femmes se peint le visage.
Que si vous voulez maintenant considérer les yeux de cette tête, admirez quelle grâce la douceur y a imprimée; combien ils sont non-seulement beaux et agréables, mais encore si vifs et si perçants qu’ils pénètrent le ciel et s’élèvent jusque dans le sein de Dieu " Bienheureux, " dit-il, " ceux qui ont le coeur pur, parce qu’ils verront Dieu." (Matth. V, 7.)
La bouche de cette tête dont nous parlons, c’est la sagesse et la prudence, elle est toujours pleine de saints cantiques. Le coeur de cet admirable corps est la connaissance et la pénétration des Ecritures; c’est la pratique et l’observance exacte de la loi de Dieu; c’est la charité et la bonté. Le corps ne peut vivre sans le coeur, ni les vertus sans la charité. Car toutes les vertus et tous les biens naissent de l’amour et de la charité, commue (le leur source.
Ce corps que nous représentons-a encore ses pieds et ses mains qui sont les bonnes oeuvres qui paraissent au dehors, li a une âme qui est la piété sincère. Il aune poitrine plus solide que l’or et le diamant, c’est la force. Et comme dans notre corps la tête et le coeur sont les sources de la vie, ainsi l’amour de Dieu répand l’esprit et la vie daims la tête et le coeur de ce divin corps.
4. Mais voulez-vous que je vous rende cette image vivante, et que vous représentant des actions effectives, je vous fasse voir ce que je vous viens de dire? Jetez les yeux sur saint Matthieu, sur cet admirable évangéliste que nous vous expliquons. Nous savons peu de ses actions; mais ce peu suffit pour nous faire voir un tableau admirable de la vertu. On voit combien il était humble et combien il avait le coeur contrit, puisqu’après même qu’il est devenu apôtre et prédicateur de l’Evangile, il ne laisse pas de s’appeler " publicain. " On voit combien il a aimé les pauvres, puisqu’il se dépouilla tout d’un coup de tous ses biens pour suivre le Fils de Dieu. Sa piété paraît par la sainteté de sa doctrine, et sa sagesse par toute l’économie de son Evangile. Sa charité s’y fait voir par le soin qu’il a eu de toute la terre. L’abondance de ses bonnes oeuvres, parce qu’il doit être un jour sur l’un de ces douze trônes pour juger le monde; enfin son courage et sa patience, " parce qu’il se tient heureux de souffrir pour Jésus, et qu’il sortait de l’assemblée des Juifs avec joie. " (Act. IV, 35.)
Imitons, mes frères, ces grandes vertus, mais particulièrement l’humilité et la charité, sans lesquelles nous ne pouvons être sauvés. Ces cinq vierges folles le font assez voir, aussi bien que le pharisien de l’évangile. On peut entrer au ciel sans être vierge; mais on n’y peut entrer sans être charitable. La charité est la vertu la plus essentielle et la plus nécessaire pour le salut. Elle est le principe de toutes les autres. C’est pourquoi nous avons dit qu’elle tient lieu du coeur dans le corps de la vertu. Mais comme le coeur périt lui-même, s’il ne répand l’esprit et la vie dans tout le corps; ainsi la charité meurt si elle n’agit. Comme une source se corrompt, si son ruisseau cesse de couler, les riches de même se corrompent s’ils retiennent leurs richesses, et s’ils ne les font couler sur les autres.
C’est pourquoi le peuple a coutume de dire d’un riche avare qu’il se perd de grands biens dans sa maison. Il ne dit pas qu’il y a chez lui de grands trésors, mais qu’il s’y perd de grands biens. Et en effet les avares se perdent, et tout ce qu’ils ont se perd aussi. Leurs meubles et leurs habillements dépérissent, leur or se rouille; leur blé se gâte, et leur âme se corrompt et se perd encore plus que toutes ces choses par les chagrins et les inquiétudes qui la dévorent. Si nous pouvions vous représenter ici l’âme d’un avare, elle vous paraîtrait comme un vêtement rongé de vers. Vous verriez qu’elle n’a plus aucune partie qui soit saine, mais que les vices la déchirent, et que le péché la corrompt de toutes parts.
L’âme du pauvre, au contraire, je dis du pauvre qui l’est volontairement et de bon (370) coeur, est bien différente de celle-là. Elle brille comme l’or; elle éclate comme le diamant. elle fleurit comme la rose. Elle n’est sujette ni aux vers, ni à la rouille, ni aux voleurs. Elle n’est point agitée de soins ni d’inquiétudes, mais elle vit sur la terre comme les anges vivent dans le ciel.
Voulez-vous voir quelle est la beauté de cette âme, et quelles sont les richesses de sa pauvreté? Elle ne se fait point obéir des hommes, mais elle commande aux démons. Elle n’a point d’accès auprès des rois de la terre; mais elle en a beaucoup auprès de Dieu. Elle ne combat point sous les enseignes des hommes; mais elle combat avec les anges. Elle n’a point deux ou trois coffres pleins d’or ou d’argent, mais elle est tellement riche que tout le monde ne lui paraît rien au prix de ce qu’elle possède. Elle n’a point de trésor sur la terre ; mais le ciel même est son trésor. Elle n’a point besoin de serviteurs, mais elle est la maîtresse de ses désirs déréglés, et elle domine souverainement sur ses passions, dont les rois même sont esclaves. Car quoiqu’ils portent la pourpre et la couronne, aussitôt qu’une passion est entrée dans leur tête, elle les domine souverainement, et ils n’oseraient lui désobéir en la moindre chose. Elle se rit des richesses, de la royauté et de toutes les magnificences du siècle, comme des châteaux de carte, des poupées, des osselets, et de tous les jouets des petits enfants. Car elle a des ornements vraiment magnifiques et précieux, qui ne peuvent seulement être compris par ceux qui s’amusent à ces bagatelles.
Qu’y a-t-il donc de comparable à ces pauvres évangéliques? Ils marchent déjà dans le ciel, et si le ciel même n’est que comme la base du palais où ils habitent, jugez quel en doit être le faîte et le comble. Vous me direz peut-être qu’ils n’ont ni chevaux ni carrosses? Ils n’en ont point en effet, parce qu’ils n’en ont point besoin. Car que servirait ce vain appareil àcelui qui va bientôt être enlevé dans l’air, et transporté dans les nuées, pour être éternellement avec- Jésus-Christ ?
Pensez à cela, mes frères; pensez-y, mes soeurs. Aimons ces richesses qui sanctifient ceux qui les possèdent. Recherchons ces trésors qui ne périront lamais, que je vous souhaite, par la grâce et par la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ, à qui est la gloire et l’empire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


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HOMÉLIE XLVII
« JÉSUS DIT TOUTES CES CHOSES AU PEUPLE EN PARABOLES, ET IL NE LEUR PARLAIT POINT SANS PARABOLES, AFIN QUE CETTE PAROLE DU PROPLIÈTHIE FUT ACCOMPLIE: J’OUVRIRAI MA BOUCHE POUR PARLER EN PARABOLES; JE PUBLIERAI DES CHOSES QUI ONT ÉTÉ CACHÉES DEPUIS LA CRÉATION DU MONDE. » (CHAP. XLII, 34, 35, JUSQU’AU VERSET 53.)
ANALYSE
1. De l’usage des paraboles et pourquoi Jésus-Christ parlait aux Juifs en paraboles. – L’Evangile nous montre Jésus-Christ semant lui-même, c’est-à-dire répandant les grâces, tandis que s’il faut punir, il le fait par le ministère des anges : c’est pour mieux faire voir sa miséricorde.
2. Double supplice des damnés. — Renoncer à tout c’est un gain et non pas une perte.
3 et 4. Combien nous devons être soigneux de lire l’Ecriture sainte. . — Que la vertu est comme un corps d’une beauté parfaite, dont l’humilité est la tête, description du corps. — Excellence de la pauvreté évangélique.

1. Saint Marc dit que Jésus-Christ parlait en paraboles à ce peuple, « autant qu’il était capable de l’entendre, » (Marc, IV, 33.) Et pour montrer ensuite que ce n’était pas là une nouveauté dont on n’eût jamais ouï parler, il fait voir que les prophètes avaient prédit cette manière d’enseigner. Il montre ensuite que le but du Sauveur dans ces paraboles, n’était pas d’aveugler les Juifs et de les jeter dans l’ignorance, mais de les exciter à s’instruire et à se faire éclairer sur ce qu’on leur disait si obscurément : « Il ne leur parlait point, » dit-il, « sans paraboles, » du moins en ce moment-là, car il leur avait déjà parlé autrement qu’en paraboles. Et néanmoins personne ne l’interrogea.
Les Juifs avaient fait autrefois plusieurs questions aux prophètes, comme à Ezéchiel et aux autres, mais ils ne font rien de semblable à l’égard de Jésus-Christ. Quoique ce qu’il leur disait fût de nature à les étonner et à les porter à s’en éclaircir, parce que ces ‘paraboles se terminaient à de grandes menaces, rien néanmoins ne les put toucher. C’est pourquoi, les ayant quittés, il s’en alla.
« Après cela Jésus ayant renvoyé le peuple, vint à la maison (36); n pas un des scribes et des pharisiens ne le suivit alors, ce qui fait voir qu’ils ne le suivaient que pour lui dresser des piéges. Comme donc ces hommes ne comprenaient rien à ses paroles et ne s’inquiétaient pas de les comprendre, Jésus-Christ les laissa désormais de côté.
« Ses disciples s’approchant de lui, lui dirent: Expliquez-nous la parabole de l’ivraie semée dans le champ (36). » On voit les disciples trembler ailleurs, lorsqu’ils veulent faire quelque demande à Jésus-Christ. D’où leur vient donc ici cette hardiesse? C’est parce que Jésus-Christ venait de leur dire : « Il vous est donné de connaître les mystères du royaume des cieux. » Cette parole les avait remplis de confiance. C’est pourquoi ils s’approchent de Jésus-Christ pour lui faire cette question. Ils l’interrogent en particulier et non par aucun mouvement d’envie contre le peuple; mais seulement pour obéir à la loi de leur maître qui leur avait dit: « Et cela ne leur a pas été « donné. »
Ils ne demandent point à Jésus-Christ l’explication de la parabole « du levain » et de celle «du grain de sénevé, » parce qu’elles étaient assez claires d’elles-mêmes : mais ils l’interrogent sur celle de « l’ivraie » comme ayant plus de rapport avec la parabole des semences et renfermant encore plus d’instructions. Car ils ne regardaient point cette seconde comparaison seulement comme une redite; et les menaces étonnantes qu’ils y entrevoyaient, les excitaient encore plus à en demander (366) l’éclaircissement. C’est pourquoi Jésus-Christ ne leur reproche point leur ignorance, mais il satisfait à leur désir. Il leur explique cette parabole; il l’explique comme je vous ai si souvent dit qu’il fallait faire, c’est-à-dire en ne s’attachant pas à la lettre et aux moindres mots, ce qui donnerait lieu à beaucoup d’absurdités, Il nous apprend lui-même cette vérité par la manière dont il explique cette parabole. Car il ne dit rien de « ces serviteurs »qui vont trouver leur maître quand ils s’aperçoivent « qu’on avait semé de l’ivraie au mi-«lieu du blé. » Mais témoignant que cette circonstance n’avait été ajoutée que comme une suite de la parabole, et pour en rendre l’image plus vive et plus naturelle, il ne s’y arrête point, et passe à ce qui était le but principal de la parabole, et il fait voir clairement qu’il est le juge et le Seigneur de toutes choses.
« Et il leur, parla en cette sorte : Celui qui sème le bon grain c’est le Fils de l’homme » (37). Le champ c’est le monde, le bon grain ce sont les enfants du royaume, l’ivraie ce sont les enfants du malin esprit (38). L’ennemi qui l’a semée c’est le diable, la moisson c’est la fin du monde; les moissonneurs ce sont les anges (39). Comme donc on cueille l’ivraie et on la brûle dans le feu, il en arrivera de même à la fin du monde (40). »« Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils ramasseront et enlèveront hors de son royaume tous les scandales, et ceux qui commettent l’iniquité (41). Et ils les précipiteront dans la fournaise du feu. C’est là «qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents (42). » Puisque c’est Jésus-Christ qui sème, que c’est dans son champ qu’il sème, et qu’il ramasse l’ivraie pour la jeter hors de son royaume, il est visible que tout le monde est à lui, et qu’il en est le Seigneur.
Mais considérez combien est grande sa bonté envers tous les hommes; comme il est toujours prompt à leur faire du bien, et éloigné de les punir. Car lorsqu’il faut semer, il le fait par lui-même; mais lorsqu’il faut punir il le fait par d’autres, c’est-à-dire, par les anges: « Le Fils de l’homme, » dit-il, « enverra ses anges. »
« Et alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père (43).» Non qu’ils ne brillent alors beaucoup plus que Je soleil; mais il se sert de cet exemple, parce que rien sur la terre n’est si brillant que cet astre. Jésus-Christ dit en d’autres endroits de son Evangile, que la « moisson » est déjà arrivée, comme lorsqu’il dit à ses apôtres, au sujet des Samaritains : « Levez vos yeux, et voyez que les campagnes sont déjà blanches pour la moisson (Jean, IV, 35) ; » et ailleurs:
« La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. » (Luc, X, 2.) Si « la moisson » est déjà prête, comment dit-il ici qu’elle n’arrivera qu’à la fin du monde? Le Fils de Dieu, mes frères, dans ces deux endroits de l’Evangile, entend par le mot de « moisson » une autre chose que ce qu’il entend ici. Mais, direz-vous, pourquoi, lorsqu’ailleurs il dit: « Que c’est l’un qui sème et l’autre qui recueille (Jean, IV, 36), » il dit néanmoins ici que c’est lui-même qui sème? C’est parce que, lorsqu’il disait : « Que l’un sème et que l’autre « recueille, » il comparait les prophètes qui avaient semé, avec les apôtres qui devaient recueillir, ou les Samaritains avec les Juifs; mais c’était lui-même qui avait toujours semé même par les prophètes. Il se sert même indifféremment en quelques endroits du nom de « semence » et « de moisson, » pour marquer une même chose par différents noms. Car lorsqu’il veut exprimer la foi et l’obéissance de ceux qui l’écoutaient, il se sert du nom de « moisson, » comme pour montrer qu’il avait alors consommé tout son ouvrage : mais lorsqu’il cherche le fruit de la prédication, il en appelle la consommation tantôt du mot de « moisson, » et tantôt du nom de « semence.»
2. Mais comment est-il dit ailleurs que les justes seront les premiers « enlevés en l’air; »puisque Jésus-Christ commande ici que l’on commence par « cueillir l’ivraie et la lier pour la jeter dans le feu? » Les justes seront les premiers e enlevés dans l’air auprès de « Jésus-Christ, » aussitôt qu’il paraîtra : mais c’est seulement après que les méchants auront été condamnés et livrés aux supplices, que les justes enfin iront dans le royaume des cieux. Comme il faut que les justes soient dans le ciel, et que c’est sur la terre que Jésus-Christ viendra juger tous les hommes, aussitôt qu’il aura condamné les méchants, il s’en retournera au ciel comme un roi triomphant accompagné de ses amis, qu’il rendra héritiers de sa gloire et de son royaume. Ainsi les méchants souffriront une double peine, la première (367) d’être brûlés dans ces feux, et la seconde d’être éternellement privés de la gloire.
Mais d’où vient, me direz-vous, qu’après même que le peuple s’est retiré, Jésus-Christ ne laisse pas de parler encore en paraboles à ses disciples? Parce que les instructions de leur Maître leur avaient ouvert l’intelligence, et qu’ils comprenaient mieux maintenant. C’est pourquoi il leur dit à la fin de ce discours « Avez-vous entendu tout ceci? Oui, Seigneur, répondirent-ils. » Ainsi outre les autres avantages de ces paraboles, Jésus-Christ en retirait encore cette utilité, qu’elles rendaient ses apôtres plus intelligents et plus habiles. Mais voyons ce que Jésus-Christ leur dit ensuite.
« Le royaume des cieux est semblable encore à un trésor caché dans un champ, qu’un homme ayant trouvé, cache de nouveau, et dans la joie qu’il en ressent, il va vendre tout ce qu’il a et achète ce champ (44). »
« Le royaume des cieux est semblable encore à un marchand qui cherche de belles perles (45); lequel ayant trouvé une perle de grand prix, va vendre tout ce qu’il avait et l’achète (46). » Comme les deux paraboles « du grain de sénevé et du levain » n’ ont beaucoup de rapport ensemble, il se trouve aussi que celles du trésor et de la perle sont assez semblables. L’une et l’autre nous font entendre qu’il faut préférer la prédication de l’Evangile à tous les biens de la terre. Ces deux premières du sénevé et du levain en marquent la force, et ces deux dernières nous en font voir l’excellence. La prédication de l’Evangile croît comme « le grain de sénevé; » elle s’étend comme « le levain » qui pénètre toute la pâte où on le mêle. Elle est aussi précieuse que « les perles, » et elle enrichit et sert à toutes choses comme « le trésor. »
Nous n’y apprenons pas seulement à mépriser tout pour nous attacher uniquement à la parole évangélique, mais encore à le faire avec plaisir et avec joie. Car celui qui renonce à ses richesses pour suivre Dieu, doit être persuadé que bien loin de perdre il gagne beaucoup en y renonçant. Vous voyez donc, mes frères, que la parole et la vérité évangélique est cachée dans ce monde comme un trésor et que tous les biens y sont renfermés. On ne peut l’acheter qu’en vendant tout. On ne peut la trouver qu’en la cherchant avec la même ardeur qu’on cherche un trésor.
Car il y a deux choses qui nous sont entièrement nécessaires; le mépris des biens de la vie, et une vigilance exacte et continuelle. « Le royaume des cieux, » dit Jésus-Christ, « est semblable à un marchand qui cherche « de belles perles, lequel en ayant trouvé une « de grand prix, va vendre tout ce qu’il avait « et l’achète. » Cette perle unique est la vérité qui est une et ne se divise point. Celui qui a trouvé cette perle précieuse sait bien qu’il est riche, mais sa richesse échappe aux autres, parce qu’il la cache, et qu’il peut tenir dans sa main ce qui le fait riche. Il en est de même de la parole et de la vérité évangélique. Celui qui l’a embrassée avec foi, et qui la renferme dans son coeur comme son trésor, sait bien qu’il est riche; mais les infidèles ne connaissent point ce trésor, et ils nous croient pauvres parmi ces richesses.
Mais pour empêcher les hommes de s’appuyer trop sur ce qu’ils auront reçu l’Evangile, et de croire que la foi seule leur suffit pour les sauver, Jésus-Christ ajoute une autre parabole pleine de terreur. « Le royaume des cieux est encore semblable à un filet jeté dans la mer, et qui recueille des poissons de toutes sortes (47). »
«Et lorsqu’il est plein, les pêcheurs le tirent sur le bord, où s’étant assis ils mettent ensemble tous les bons dans des vaisseaux, et jettent dehors les mauvais (48). » En quoi cette parabole est-elle différente de celle « de l’ivraie, » puisque l’une et l’autre montre que de tous les hommes, les uns seront enfin sauvés, et lés autres réprouvés? Oui, en effet, nous voyons dans l’une et dans l’autre qu’une partie des hommes se perdent, mais d’une manière différente. Ainsi ceux qui étaient figurés par. la parabole des semences se perdent, parce. qu’ils n’écoutent point la parole de la vérité; ceux qui sont figurés par l’ivraie se perdent, par leur doctrine hérétique, et par leurs erreurs : mais ces derniers périssent à cause du dérèglement de leurs moeurs et de leur mauvaise vie. Et ceux-ci sans doute sont les plus misérables de tous, puisqu’après avoir connu la vérité et avoir été pris dans « ce filet » spirituel, ils n’ont pu se sauver dans l’Eglise même.
Jésus-Christ marque en un endroit de l’Evangile qu’il séparera lui-même les bons d’avec les méchants, comme un pasteur sépare les brebis d’avec les boucs; et il dit ici au (368) contraire, aussi bien que dans la parabole de l’ivraie, que ce discernement se fera par les anges. « C’est ce qui arrivera à la fin du monde. Les anges viendront et sépareront les méchants des justes (49), et les jetteront dans la fournaise du feu; c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents (50). » Le Sauveur parle quelquefois à ses disciples d’une manière plus simple et plus commune, et quelquefois aussi d’une manière plus élevée. Il interprète de lui-même cette parabole des poissons sans attendre qu’on l’interroge, pour inspirer encore plus de terreur. Car afin que vous ne croyiez pas qu’une fois jetés dehors les mauvais poissons n’auront plus rien à craindre, qu’ils en seront quittes pour une simple séparation, Jésus-Christ montre le châtiment qui les attendent dehors en disant qu’ils « seront jetés dans la fournaise du feu, » et il marque la violence de la douleur qu’ils souffriront en disant: « Là il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
Considérez, je vous prie, mes frères, par combien de voies on peut se perdre. On se perd comme les semences ou « dans le chemin », ou « dans les pierres »; ou « dans les épines. »
On se perd par l’ivraie ou l’hérésie. On se perd enfin, comme les mauvais catholiques, dans « le filet » de l’Eglise. Après cela est-ce sans sujet que le Fils de Dieu dit : «Que la voie qui mène à la perdition est e large, et que beaucoup y entrent? » (Matth, VII, 13.)
Ayant donc achevé ces paraboles et terminé ce long discours par la crainte, il l’augmente encore en s’étendant sur ce sujet et disant :
« Avez-vous entendu tout ceci? Oui, Seigneur, «répondirent-ils (54). » Et les louant de ce qu’ils l’avaient compris, il ajoute : « C’est pourquoi tout docteur qui est bien instruit en ce qui regarde le royaume des cieux, est semblable à un père de famille qui tire de son trésor des choses nouvelles et anciennes (52.) »
3. Le Fils de Dieu dit ailleurs : « Je vous enverrai des sages et des scribes. »(Matth. XXIII, 34.) Ainsi on voit qu’il ne rejette point l’Ancien Testament, mais qu’il le loue au contraire en l’appelant « un trésor ». Tous ceux donc qui sont ignorants dans I’Ecriture sainte ne seront jamais du nombre des vrais « pères de famille. » Ce sont des lâches qui ne savent rien par eux-mêmes, et qui ne veulent rien apprendre des autres. Ainsi ils meurent de faim, et ils périssent sans qu’ils s’en aperçoivent. Mais ceux-là ne seront pas exclus seuls de cette béatitude. Les hérétiques encore n’y auront aucune part; parce qu’ils « ne tirent point de leur trésor de choses nouvelles et anciennes. » En rejetant la loi ancienne, ils ne peuvent non plus suivre «la nouvelle» comme ceux qui rejettent « la nouvelle » se vantent en vain d’avoir « l’ancienne ». Ainsi en séparant l’une de l’autre, ils sont privés de l’une et de l’autre.
Ecoutons ceci, mes frères, nous tous qui négligeons de lire l’Ecriture sainte, comprenons quel tort nous nous faisons à nous-mêmes et dans quelle pauvreté nous nous jetons. Car comment nous pourrons-nous appliquer à la pratique de la piété, puisque nous n’en savons pas même les règles? Les personnes riches et avares ont soin de visiter souvent leurs mets-hies et leurs habits précieux pour empêcher qu’ils ne se gâtent, ou que les vers ne les mangent. Mais vous, lorsque votre âme se perd par l’oubli de ses devoirs, lorsque le ver de l’ingratitude la dévore, vous ne pensez point à avoir recours à ces livres saints tour vous guérir de cette langueur, et pour embellir votre âme, en traçant en elle une image de la vertu où sa tète et tous ses membres soient parfaitement représentés. Car la vertu est comme un corps d’une excellente beauté. Ce corps a sa tête et ses autres parties qui le composent, mais si belles et si agréables qu’il n’y a rien d’égal dans toutes les autres beautés du monde.
La tête de ce corps divin c’est l’humilité : c’est pourquoi Jésus-Christ commence les béatitudes par celle-ci : « Bienheureux sont les pauvres d’esprit. » (Matt. V, 3.)
Cette tête n’est point ornée par des cheveux bouclés et frisés, et néanmoins elle a tant d’agréments, qu’elle attire sur elle les yeux de Dieu même : « Sur qui, » dit-il, « jetterai-je mes regards, sinon sur celui qui est doux et humble, et qui tremble à la moindre de mes paroles ? » (Is. LXVI, 4.) Et ailleurs : « Mes yeux sont sur les doux et sur les humbles de la terre. » (Ps. XXXIII, 17.) Et ailleurs : « Le Seigneur est proche de ceux qui ont le coeur brisé.» (Ps. XXXIV, 16.)
L’ornement et la couronne de cette tête (369) sainte c’est d’offrir à Dieu des sacrifices qui lui sont très-agréables. C’est un autel d’or; un autel spirituel : « Le sacrifice agréable à Dieu, » dit David, « est un esprit affligé et un coeur brisé. .» (Ps. L, 18.) Cette humilité sainte est la mère de la sagesse; celui qui la possède possédera tous les biens.
Après avoir vu, mes frères, l’excellence de cette tête auguste, admirez maintenant la beauté de son visage. Considérez quel est son teint et sa couleur, voyez-y cette rougeur si agréable que lui imprime la pudeur et la modestie dont le Sage disait: « La grâce et la beauté marchera devant celui qui a de la pudeur. » (Prov. XXXII, 11.) Cet éclat relève tout ce qu’elle a d’ailleurs de très-agréable, et il efface toute cette rougeur artificielle dont la vanité des femmes se peint le visage.
Que si vous voulez maintenant considérer les yeux de cette tête, admirez quelle grâce la douceur y a imprimée; combien ils sont non-seulement beaux et agréables, mais encore si vifs et si perçants qu’ils pénètrent le ciel et s’élèvent jusque dans le sein de Dieu « Bienheureux, » dit-il, « ceux qui ont le coeur pur, parce qu’ils verront Dieu.» (Matth. V, 7.)
La bouche de cette tête dont nous parlons, c’est la sagesse et la prudence, elle est toujours pleine de saints cantiques. Le coeur de cet admirable corps est la connaissance et la pénétration des Ecritures; c’est la pratique et l’observance exacte de la loi de Dieu; c’est la charité et la bonté. Le corps ne peut vivre sans le coeur, ni les vertus sans la charité. Car toutes les vertus et tous les biens naissent de l’amour et de la charité, commue (le leur source.
Ce corps que nous représentons-a encore ses pieds et ses mains qui sont les bonnes oeuvres qui paraissent au dehors, li a une âme qui est la piété sincère. Il aune poitrine plus solide que l’or et le diamant, c’est la force. Et comme dans notre corps la tête et le coeur sont les sources de la vie, ainsi l’amour de Dieu répand l’esprit et la vie daims la tête et le coeur de ce divin corps.
4. Mais voulez-vous que je vous rende cette image vivante, et que vous représentant des actions effectives, je vous fasse voir ce que je vous viens de dire? Jetez les yeux sur saint Matthieu, sur cet admirable évangéliste que nous vous expliquons. Nous savons peu de ses actions; mais ce peu suffit pour nous faire voir un tableau admirable de la vertu. On voit combien il était humble et combien il avait le coeur contrit, puisqu’après même qu’il est devenu apôtre et prédicateur de l’Evangile, il ne laisse pas de s’appeler « publicain. » On voit combien il a aimé les pauvres, puisqu’il se dépouilla tout d’un coup de tous ses biens pour suivre le Fils de Dieu. Sa piété paraît par la sainteté de sa doctrine, et sa sagesse par toute l’économie de son Evangile. Sa charité s’y fait voir par le soin qu’il a eu de toute la terre. L’abondance de ses bonnes oeuvres, parce qu’il doit être un jour sur l’un de ces douze trônes pour juger le monde; enfin son courage et sa patience, « parce qu’il se tient heureux de souffrir pour Jésus, et qu’il sortait de l’assemblée des Juifs avec joie. » (Act. IV, 35.)
Imitons, mes frères, ces grandes vertus, mais particulièrement l’humilité et la charité, sans lesquelles nous ne pouvons être sauvés. Ces cinq vierges folles le font assez voir, aussi bien que le pharisien de l’évangile. On peut entrer au ciel sans être vierge; mais on n’y peut entrer sans être charitable. La charité est la vertu la plus essentielle et la plus nécessaire pour le salut. Elle est le principe de toutes les autres. C’est pourquoi nous avons dit qu’elle tient lieu du coeur dans le corps de la vertu. Mais comme le coeur périt lui-même, s’il ne répand l’esprit et la vie dans tout le corps; ainsi la charité meurt si elle n’agit. Comme une source se corrompt, si son ruisseau cesse de couler, les riches de même se corrompent s’ils retiennent leurs richesses, et s’ils ne les font couler sur les autres.
C’est pourquoi le peuple a coutume de dire d’un riche avare qu’il se perd de grands biens dans sa maison. Il ne dit pas qu’il y a chez lui de grands trésors, mais qu’il s’y perd de grands biens. Et en effet les avares se perdent, et tout ce qu’ils ont se perd aussi. Leurs meubles et leurs habillements dépérissent, leur or se rouille; leur blé se gâte, et leur âme se corrompt et se perd encore plus que toutes ces choses par les chagrins et les inquiétudes qui la dévorent. Si nous pouvions vous représenter ici l’âme d’un avare, elle vous paraîtrait comme un vêtement rongé de vers. Vous verriez qu’elle n’a plus aucune partie qui soit saine, mais que les vices la déchirent, et que le péché la corrompt de toutes parts.
L’âme du pauvre, au contraire, je dis du pauvre qui l’est volontairement et de bon (370) coeur, est bien différente de celle-là. Elle brille comme l’or; elle éclate comme le diamant. elle fleurit comme la rose. Elle n’est sujette ni aux vers, ni à la rouille, ni aux voleurs. Elle n’est point agitée de soins ni d’inquiétudes, mais elle vit sur la terre comme les anges vivent dans le ciel.
Voulez-vous voir quelle est la beauté de cette âme, et quelles sont les richesses de sa pauvreté? Elle ne se fait point obéir des hommes, mais elle commande aux démons. Elle n’a point d’accès auprès des rois de la terre; mais elle en a beaucoup auprès de Dieu. Elle ne combat point sous les enseignes des hommes; mais elle combat avec les anges. Elle n’a point deux ou trois coffres pleins d’or ou d’argent, mais elle est tellement riche que tout le monde ne lui paraît rien au prix de ce qu’elle possède. Elle n’a point de trésor sur la terre ; mais le ciel même est son trésor. Elle n’a point besoin de serviteurs, mais elle est la maîtresse de ses désirs déréglés, et elle domine souverainement sur ses passions, dont les rois même sont esclaves. Car quoiqu’ils portent la pourpre et la couronne, aussitôt qu’une passion est entrée dans leur tête, elle les domine souverainement, et ils n’oseraient lui désobéir en la moindre chose. Elle se rit des richesses, de la royauté et de toutes les magnificences du siècle, comme des châteaux de carte, des poupées, des osselets, et de tous les jouets des petits enfants. Car elle a des ornements vraiment magnifiques et précieux, qui ne peuvent seulement être compris par ceux qui s’amusent à ces bagatelles.
Qu’y a-t-il donc de comparable à ces pauvres évangéliques? Ils marchent déjà dans le ciel, et si le ciel même n’est que comme la base du palais où ils habitent, jugez quel en doit être le faîte et le comble. Vous me direz peut-être qu’ils n’ont ni chevaux ni carrosses? Ils n’en ont point en effet, parce qu’ils n’en ont point besoin. Car que servirait ce vain appareil àcelui qui va bientôt être enlevé dans l’air, et transporté dans les nuées, pour être éternellement avec- Jésus-Christ ?
Pensez à cela, mes frères; pensez-y, mes soeurs. Aimons ces richesses qui sanctifient ceux qui les possèdent. Recherchons ces trésors qui ne périront lamais, que je vous souhaite, par la grâce et par la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ, à qui est la gloire et l’empire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
http://www.newadvent.org/fathers/200147.htm
Matthew 13:34-35.
All these things spoke Jesus unto the multitudes in parables, and without a parable spoke He not unto them; that it might be fulfilled which was spoken by the prophet, saying, I will open my mouth in parables; I will utter things that have been kept secret from the foundation of the world.
But Mark says, As they were able to hear it, He spoke the word unto them in parables. Matthew 4:33
Then pointing out that He is not making a new thing, He brings in the Prophet also, proclaiming beforehand this His manner of teaching. And to teach us the purpose of Christ, how He discoursed in this manner, not that they might be ignorant, but that He might lead them to inquiry, he added, And without a parable spoke He nothing unto them. Yet surely He did say many things without a parable; but then nothing. And for all this no man asked Him questions, whereas the Prophets, we know, they were often questioning: as Ezekiel, for instance; as many others: but these did no such thing. Yet surely His sayings were enough to cast them into perplexity, and to stir them up to the inquiry; for indeed a very sore punishment was threatened by those parables: however, not even so were they moved.
Wherefore also He left them and went away. For,
Then, says he, Jesus sent the multitudes away, and went into His house.
And not one of the Scribes follows Him; whence it is clear that for no other purpose did they follow, than to take hold of Him. But when they marked not His sayings, thenceforth He let them be.
And His disciples come unto Him, asking Him concerning the parable of the tares; although at times wishing to learn, and afraid Mark 9:32 to ask. Whence then arose their confidence in this instance? They had been told, To you it is given to know the mysteries of the kingdom of Heaven; and they were emboldened. Wherefore also they ask in private; not as grudging the multitude, but observing their Master's law. For, To these, says He, it is not given.
And why may it be that they let pass the parable of the leaven, and of the mustard seed, and inquire concerning this? They let those pass, as being plainer; but about this, as having an affinity to that before spoken, and as setting forth something more than it, they are desirous to learn (since He would not have spoken the same to them a second time); for indeed they saw how severe was the threatening therein uttered. Wherefore neither does He blame them, but rather completes His previous statements.
And, as I am always saying, the parables must not be explained throughout word for word, since many absurdities will follow; this even He Himself is teaching us here in thus interpreting this parable. Thus He says not at all who the servants are that came to Him, but, implying that He brought them in, for the sake of some order, and to make up the picture, He omits that part, and interprets those that are most urgent and essential, and for the sake of which the parable was spoken; signifying Himself to be Judge and Lord of all.
And He answered, so it is said, and said unto them, He that sows the good seed is the Son of Man; the field is the world, the good seed, these are the children of the kingdom, but the tares are the children of the wicked one; the enemy that sows them is the devil; and the harvest is the end of the world, and the reapers are angels. As therefore the tares are gathered and burned in the fire; so shall it be in the end of this world. The Son of Man shall send His angels, and they shall gather out of His kingdom all things that offend, and them which do iniquity; and shall cast them into the furnace of fire, there shall be weeping and gnashing of teeth. Then shall the righteous shine forth as the sun in the kingdom of their Father.
For whereas He Himself is the sower, and that of His own field, and out of His own kingdom He gathers, it is quite clear that the present world also is His.
But mark His unspeakable love to man, and His leaning to bounty, and His disinclination to punishment; in that, when He sows, He sows in His own person, but when He punishes, it is by others, that is, by the angels.
Then shall the righteous shine forth as the sun in the kingdom of their Father. Not because it will be just so much only, but because this star is surpassed in brightness by none that we know. He uses the comparisons that are known to us.
And yet surely elsewhere He says, the harvest is already come; as when He says of the Samaritans, Lift up your eyes, and look on the fields; for they are white already to harvest. John 4:35 And again, The harvest truly is plenteous, but the laborers are few. How then says He there, that the harvest is already come, while here He said, it is yet to be? According to another signification.
And how having elsewhere said, One sows, and another reaps, John 4:37 does He here say, it is Himself that sows? Because there again, He was speaking, to distinguish the apostles, not from Himself, but from the prophets, and that in the case of the Jews and Samaritans. Since certainly it was He who sowed through the prophets also.
And at times He calls this self-same thing both harvest and sowing, naming it with relation, now to one thing, now to another. Thus when He is speaking of the conviction and obedience of His converts, He calls the thing a harvest, as though He had accomplished all; but when He is seeking after the fruit of their hearing, He calls it seed, and the end, harvest.
And how says He elsewhere, that the righteous are caught up first? 1 Thessalonians 4:17 Because they are indeed caught up first, but Christ having come, those others are given over to punishment, and then the former depart into the kingdom of heaven. For because they must be in heaven, but He Himself is to come and judge all men here; having passed sentence upon these, like some king He rises with His friends, leading them to that blessed portion. Do you see that the punishment is twofold, first to be burnt up, and then to fall from that glory?
2. But wherefore does He still go on, when the others have withdrawn, to speak to these also in parables? They had become wiser by His sayings, so as even to understand. At any rate, to them He says afterwards,
Have ye understood all these things? They say unto Him, Yea, Lord. So completely, together with its other objects, did the parable effect this too, that it made them more clear sighted. What then says He again?
The Kingdom of Heaven is like treasure hid in a field, the which when a man has found, he hides, and for joy thereof sells all that he has, and buys that field. Again, the Kingdom of Heaven is like a merchant man seeking goodly pearls, who, when he had found one pearl of great price, went and sold all that he had, and bought it.
Much as in the other place, the mustard seed and the leaven have but some little difference from each other, so here also these two parables, that of the treasure and that of the pearl. This being of course signified by both, that we ought to value the gospel above all things. And the former indeed, of the leaven and of the mustard seed, was spoken with a view to the power of the gospel, and to its surely prevailing over the world; but these declare its value, and great price. For as it extends itself like mustard seed, and prevails like leaven, so it is precious like a pearl, and affords full abundance like a treasure. We are then to learn not this only, that we ought to strip ourselves of everything else, and cling to the gospel, but also that we are to do so with joy; and when a man is dispossessing himself of his goods, he is to know that the transaction is gain, and not loss.
Do you see how both the gospel is hid in the world, and the good things in the gospel?
Except thou sell all, you buy not; except thou have such a soul, anxious and inquiring, you find not. Two things therefore are requisite, abstinence from worldly matters, and watchfulness. For He says One seeking goodly pearls, who when he had found one of great price, sold all and bought it. For the truth is one, and not in many divisions.
And much as he that has the pearl knows indeed himself that he is rich, but others know not, many times, that he is holding it in his hand (for there is no corporeal bulk); just so also with the gospel, they that have hold of it know that they are rich, but the unbelievers, not knowing of this treasure, are in ignorance also of our wealth.
3. After this, that we may not be confident in the gospel merely preached, nor think that faith only suffices us for salvation, He utters also another, an awful parable. Which then is this? That of the net.
For the kingdom of Heaven is like a net, that was cast into the sea, and gathered of every kind; which, when it was full, they drew to shore, and sat down, and gathered the good into vessels, but cast the bad away.
And wherein does this differ from the parable of the tares? For there too the one are saved, the other perish; but there, for choosing of wicked doctrines; and those before this again, for not giving heed to His sayings, but these for wickedness of life; who are the most wretched of all, having attained to His knowledge, and being caught, but not even so capable of being saved.
Yet surely He says elsewhere, that the shepherd Himself separates them, but here He says the angels do this; Matthew 25:32 and so with respect to the tares. How then is it? At one time He discourses to them in a way more suited to their dullness, at another time in a higher strain.
And this parable He interprets without so much as being asked, but of His own motion He explained it by one part of it, and increased their awe. For lest, on being told, They cast the bad away, you should suppose that ruin to be without danger; by His interpretation He signified the punishment, saying, They will cast them into the furnace. Matthew 13:50 And He declared the gnashing of teeth, and the anguish, that it is unspeakable.
Do you see how many are the ways of destruction? By the rock, by the thorns, by the wayside, by the tares, by the net. Not without reason therefore did He say, Broad is the way that leads to destruction, and many there be which go away by it. Matthew 7:13
4. Having then uttered all this, and concluded His discourse in a tone to cause fear, and signified that these are the majority of cases (for He dwelt more on them). He says,
Have ye understood all these things? They say unto Him, Yea, Lord.
Then because they understood, He again praises them, saying,
Therefore every Scribe, which is instructed in the Kingdom of Heaven, is like a man that is an householder, which brings forth out of his treasure things new and old. Matthew 13:52
Wherefore elsewhere also He says, I will send you wise men and scribes. Matthew 23:34 Do you see how so far from excluding the Old Testament, He even commends it, and speaks publicly in favor of it, calling it a treasure?
So that as many as are ignorant of the divine Scriptures cannot be householders; such as neither have of themselves, nor receive of others, but neglect their own case, perishing with famine. And not these only, but the heretics too, are excluded from this blessing. For they bring not forth things new and old. For they have not the old things, wherefore neither have they the new; even as they who have not the new, neither have they the old, but are deprived of both. For these are bound up and interwoven one with another.
Let us then hear, as many of us as neglect the reading of the Scriptures, to what harm we are subjecting ourselves, to what poverty. For when are we to apply ourselves to the real practice of virtue, who do not so much as know the very laws according to which our practice should be guided? But while the rich, those who are mad about wealth, are constantly shaking out their garments, that they may not become moth-eaten; do you, seeing forgetfulness worse than any moth wasting your soul, neglect conversing with books? Do you not thrust away from you the pest, adorn your soul, look continually upon the image of virtue, and acquaint yourself with her members and her head? For she too has a head and members more seemly than any graceful and beautiful body.
What then, says one, is the head of virtue? Humility. Wherefore Christ also begins with it, saying, Blessed are the poor. This head has not locks and ringlets, but beauty, such as to gain God's favor. For, Unto whom shall I look, says He, but unto him that is meek and humble, and trembles at my words? Isaiah 66:2 And, My eyes are upon the meek of the earth. And, The Lord is near unto them that are of a contrite heart. This head, instead of locks, and flowing hair, bears sacrifices acceptable to God. It is a golden altar, and a spiritual place of sacrifice; For a contrite spirit is a sacrifice to God. This is the mother of wisdom. If a man have this, he will have the rest also.
Have you seen a head such as you had never seen? Will you see the face too, or rather mark it? Mark then for the present its color, how ruddy, and blooming, and very engaging; and observe what are its ingredients. Well, and what are they? Shame-facedness and blushing. Wherefore also some one says, Before a shamefaced man shall go favor. Sirach 32:10 This sheds much beauty over the other members also. Though thou mix ten thousand colors, you will not produce such a bloom.
And if you will see the eyes also, behold them exactly delineated with decency and temperance. Wherefore they become also so beautiful and sharpsighted, as to behold even the Lord Himself. For, Blessed, says He, are the pure in heart, for they shall see God. Matthew 5:8
And her mouth is wisdom and understanding, and the knowledge of spiritual hymns. And her heart, acquaintance with Scripture, and maintenance of sound doctrines, and benevolence, and kindness. And as without this last there is no living, so without that other is never any salvation. Yea, for from that all her excellencies have birth. She has also for feet and hands the manifestations of her good works. She has a soul too, godliness. She has likewise a bosom of gold, and firmer than adamant, even fortitude; and all may be taken captive more easily than that bosom may be riven asunder. And the spirit that is in the brain and heart, is charity.
5. Will you that in her actual deeds also I show you her image? Consider, I pray you, this very evangelist: although we have not his whole life in writing, nevertheless even from a few facts one may see his image shine forth.
First, as to his having been lowly and contrite, hear him, after his gospel, calling himself a publican; for his being also merciful, see him stripping himself of all and following Jesus; and as to his piety, it is evident from his doctrines. And his wisdom again it is easy to see from the gospel which he composed, and his charity (for he cared for the whole world); and the manifestation of his good works, from the throne on which he is to sit; Luke 22:30 and his courage too, by his departing with joy from the presence of the council. Acts 5:41
Let us imitate then this virtue, and most of all his humility and almsgiving, without which one cannot be saved. And this is shown by the five virgins, and together with them by the Pharisee. For without virginity indeed it is possible to see the kingdom, but without almsgiving it cannot be. For this is among the things that are essential, and hold all together. Not unnaturally then have we called it the heart of virtue. But this heart, unless it supply breath to all, is soon extinguished. In the same way then as the fountain also, if it confine its streams to itself, grows putrid; so it is with the rich also, when they keep their possessions to themselves. Wherefore even in our common conversation we say, great is the consumption of wealth with such a man; instead of saying, great is the abundance, great the treasure. For in truth there is a consumption, not of the possessors only, but of the riches themselves. Since both garments laid by spoil, and gold is cankered, and grain is eaten up, and the soul too of their owner is more than they all cankered and corrupted by the cares of them.
And if you be willing to produce in the midst a miser's soul; like a garment eaten by innumerable worms, and not having any sound part, even so will you find it, perforated on all sides by cares; rotted, cankered by sins.
But not such the poor man's soul, the soul of him, I mean, that is voluntarily poor; but it is resplendent as gold, it shines like a pearl, and it blooms like a rose. For no moth is there, no thief is there, no worldly care, but as angels converse, so do they.
Would you see the beauty of this soul? Would you acquaint yourself with the riches of poverty? He commands not men, but he commands evil spirits. He stands not at a king's side, but he has taken his stand near to God. He is the comrade, not of men, but of angels. He has not chests, two, or three, or twenty, but such an abundance as to account the whole world as nothing. He has not a treasure, but heaven. He needs not slaves, or rather has his passions for slaves, has for slaves the motives that rule over kings. For that which commands him who wears the purple, that motive shrinks before him. And royalty, and gold, and all such things, he laughs at, as at children's toys; and like hoops, and dice, and heads, and balls, so does he count all these to be contemptible. For he has an adorning, which they who play with these things cannot even see.
What then can be superior to this poor man? He has at least heaven for his pavement; but if the pavement be like this, imagine the roof! But has he not horses and chariots? Why, what need has he of these, who is to be borne upon the clouds, and to be with Christ?
Having these things then impressed on our minds, let us, both men and women, seek after that wealth, and the plenty that cannot be rifled; that we may attain also unto the kingdom of heaven, by the grace and love towards man of our Lord Jesus Christ, to whom be glory and might forever and ever. Amen.
http://www.ccel.org/ccel/schaff/npnf110.iii.XLVII.html
Homily XLVII.
Matt. XIII. 34, 35.
“All these things spake Jesus unto the multitudes in parables, and without a parable spake He not18361836 [R.V., “nothing,” following a reading accepted by Chrysostom, both here and in the comments. The received text has “not.”—R. ] unto them; that it might be fulfilled which was spoken by the prophet, saying, I will open my mouth in parables; I will utter things that have been kept secret18371837 [R.V., “things hidden.”] from the foundation of the world.”18381838 Comp. Ps. lxxviii. 2.
BUT Mark saith, “As they were able to hear it, He spake the word unto them in parables.”18391839 Matt. iv. 33.
Then pointing out that He is not making a new thing, He brings in the Prophet also, proclaiming beforehand this His manner of teaching. And to teach us the purpose of Christ, how He discoursed in this manner, not that they might be ignorant, but that He might lead them to inquiry, he added, “And without a parable spake He nothing unto them.” Yet surely He did say many things without a parable; but then nothing. And for all this no man asked Him questions, whereas the Prophets, we know, they were often questioning: as Ezekiel,18401840 Ezek. xii. 9, xxiv. 19, xxxvii. 18. for instance; as many others: but these did no such thing. Yet surely His sayings were enough to cast them into perplexity, and to stir them up to the inquiry; for indeed a very sore punishment was threatened by those parables: however, not even so were they moved.
Wherefore also He left them and went away. For,
“Then,” saith he, “Jesus sent the multitudes away,18411841 [R.V., “he left the multitudes.” Compare the previous sentence. But Chrysostom, with the rec. text inserts “Jesus.”—R.] and went into His house.”18421842 Matt. xiii. 36, the house (rec. text).
And not one of the Scribes follows Him; whence it is clear that for no other purpose did they follow, than to take hold of Him.18431843 ἐπιλαβσθαι . But when they marked not His sayings, thenceforth He let them be.
“And His disciples come unto Him, asking Him concerning the parable of the tares;”18441844 [Matt. xiii. 36, freely cited.] although at times wishing to learn, and afraid18451845 Mark ix. 32. to ask. Whence then arose their confidence in this instance? They had been told, “To you it is given to know the mysteries of the kingdom of Heaven;” and they were emboldened. Wherefore also they ask in private; not as grudging the multitude, but observing their Master’s law. For, “To these,” saith He, “it is not given.”
And why may it be that they let pass the parable of the leaven, and of the mustard seed, and inquire concerning this? They let those pass, as being plainer; but about this, as having an affinity to that before spoken, and as setting forth something more than it, they are desirous to learn (since He would not have spoken the same to them a second time); for indeed they saw how severe was the threatening therein uttered.18461846 This passage is translated according to a conjectural emendation of Mr. Field. [The Greek text seems to be corrupt here. The MSS. readings yield no intelligible sense that can be considered correct.—R.] Wherefore neither doth He blame them, but rather completes His previous statements.
And, as I am always saying, the parables must not be explained throughout word for word, since many absurdities will follow; this even He Himself is teaching us here in thus interpreting this parable. Thus He saith not at all who the servants are that came to Him, but, implying that He brought them in, for the sake of some order, and to make up the picture, He omits that part, and interprets those that are most urgent and essential, and for the sake of which the parable was spoken; signifying Himself to be Judge and Lord of all.
“And He answered,” so it is said, “and said unto them, He that soweth the good seed is the Son of Man; the field is the world, the good seed, these are the children of the kingdom, but the tares are the children of the wicked one; the enemy that soweth them is the devil; and the harvest is the end of the world, and the reapers are angels. As therefore the tares are gathered and burned in the fire; so shall it be in the end of this world. The Son of Man shall send His angels, and they shall gather out of His kingdom all things that offend, and them which do iniquity;18471847 Or, “produce lawlessness,” το ποιοντα τν νομαν, in which sense it seems more directly applicable to heretics, who may not be vicious in their own lives, but produce a contempt of God’s law by their false doctrines. Transl. 286 and shall cast them into the furnace of fire, there shall be weeping and gnashing of teeth. Then shall the righteous shine forth as the sun in the kingdom of their Father.”18481848 Matt. xiii. 37–43. [The long citation presents few textual variations of any kind, none that affect the sense.—R.]
For whereas He Himself is the sower, and that of His own field, and out of His own kingdom He gathers, it is quite clear that the present world also is His.
But mark His unspeakable love to man, and His leaning to bounty, and His disinclination to punishment; in that, when He sows, He sows in His own person, but when He punishes, it is by others, that is, by the angels.
“Then shall the righteous shine forth as the sun in the kingdom of their Father.” Not because it will be just so much only, but because this star is surpassed in brightness by none that we know. He uses the comparisons that are known to us.
And yet surely elsewhere He saith, the harvest is already come; as when He saith of the Samaritans, “Lift up your eyes, and look on the fields; for they are white already to harvest.”18491849 John iv. 35. And again, “The harvest truly is plenteous, but the laborers are few.”18501850 Matt. ix. 37; Luke x. 2. How then saith He there, that the harvest is already come, while here He said, it is yet to be? According to another signification.
And how having elsewhere said, “One soweth, and another reapeth,”18511851 John iv. 37. doth He here say, it is Himself that soweth? Because there again, He was speaking, to distinguish the apostles, not from Himself, but from the prophets, and that in the case of the Jews and Samaritans. Since certainly it was He who sowed through the prophets also.
And at times He calls this self-same thing both harvest and sowing, naming it with relation, now to one thing, now to another. Thus when He is speaking of the conviction and obedience of His converts,18521852 ὑπακουσντων . He calls the thing “a harvest,” as though He had accomplished all; but when He is seeking after the fruit of their hearing, He calls it seed, and the end, harvest.
And how saith He elsewhere, that “the righteous are caught up first?”18531853 1 Thess. iv. 17. Because they are indeed caught up first, but Christ being come, those others are given over to punishment, and then the former depart into the kingdom of heaven. For because they must be in heaven, but He Himself is to come and judge all men here; having passed sentence upon these, like some king He rises with His friends, leading them to that blessed portion. Seest thou that the punishment is twofold, first to be burnt up, and then to fall from that glory?
2. But wherefore doth He still go on, when the others have withdrawn, to speak to these also in parables? They had become wiser by His sayings, so as even to understand. At any rate, to them He saith afterwards,
“Have ye understood all these things? They say unto Him, Yea, Lord.”18541854 Matt. xiii. 51. [R.V., omits “Lord,” so the oldest MSS. and the Vulgate.—R.] So completely, together with its other objects, did the parable effect this too, that it made them more clear sighted. What then saith He again?
“The Kingdom of Heaven is like unto treasure hid in a field, the which when a man hath found, he hideth, and for joy thereof selleth all that he hath, and buyeth that field. Again, the Kingdom of Heaven is like unto a merchant man seeking goodly pearls, who, when he had found one pearl of great price, went and sold all that he had, and bought it.”18551855 Matt. xiii. 44–46. [Here also the Greek text presents few peculiarities; τ is omitted before ἀγρ in verse 44, as in a few MSS. of the New Testament.—R.]
Much as in the other place, the mustard seed and the leaven have but some little difference from each other, so here also these two parables, that of the treasure and that of the pearl. This being of course signified by both, that we ought to value the gospel above all things. And the former indeed, of the leaven and of the mustard seed, was spoken with a view to the power of the gospel, and to its surely prevailing over the world; but these declare its value, and great price. For as it extends itself like mustard seed, and prevails like leaven, so it is precious like a pearl, and affords full abundance like a treasure. We are then to learn not this only, that we ought to strip ourselves of everything else, and cling to the gospel, but also that we are to do so with joy; and when a man is dispossessing himself of his goods, he is to know that the transaction is gain, and not loss.
Seest thou how both the gospel is hid in the world, and the good things in the gospel?
Except thou sell all, thou buyest not; except thou have such a soul, anxious and inquiring, thou findest not. Two things therefore are requisite, abstinence from worldly matters, and watchfulness. For He saith “One seeking goodly pearls, who when he had found one of great price, sold all and bought it.” For the truth is one, and not in many divisions.
And much as he that hath the pearl knows 287 indeed himself that he is rich, but others know not, many times, that he is holding it in his hand (for there is no corporeal bulk); just so also with the gospel, they that have hold of it know that they are rich, but the unbelievers, not knowing of this treasure, are in ignorance also of our wealth.
3. After this, that we may not be confident in the gospel merely preached, nor think that faith only suffices us for salvation, He utters also another, an awful parable. Which then is this? That of the net.
“For the kingdom of Heaven is like unto a net, that was cast into the sea, and gathered of every kind; which, when it was full, they drew to shore, and sat down, and gathered the good into vessels, but cast the bad away.”18561856 Matt. xiii. 47, 48. [R.V., “which, when it was filled, they drew upon the beach,” etc.]
And wherein doth this differ from the parable of the tares? For there too the one are saved, the other perish; but there, for choosing of wicked doctrines; and those before this again, for not giving heed to His sayings, but these for wickedness of life; who are the most wretched of all, having attained to His knowledge, and being caught, but not even so capable of being saved.
Yet surely He saith elsewhere, that the shepherd Himself separates them, but here He saith the angels do this;18571857 Matt. xxv. 32. and so with respect to the tares. How then is it? At one time He discourses to them in a way more suited to their dullness,18581858 παχτερον. at another time in a higher strain.
And this parable He interprets without so much as being asked, but of His own motion He explained it by one part of it, and increased their awe. For lest, on being told, “They cast the bad away,” thou shouldest suppose that ruin to be without danger; by His interpretation He signified the punishment, saying, “They will cast them into the furnace.”18591859 Matt. xiii. 50. And He declared the gnashing of teeth, and the anguish, that it is unspeakable.
Seest thou how many are the ways of destruction? By the rock, by the thorns, by the wayside, by the tares, by the net. Not without reason therefore did He say, “Broad is the way that leadeth to destruction, and many there be which go away18601860 ἀπερχμενοι, rec. text, εσερχμενοι . by it.”18611861 Matt. vii. 13.
4. Having then uttered all this, and concluded His discourse in a tone to cause fear, and signified that these are the majority of cases (for He dwelt more on them). He saith,
“Have ye understood all these things? They say unto Him, Yea, Lord.”18621862 Matt. xiii. 51. [See note 7, p. 293.—R.]
Then because they understood, He again praises them, saying,
“Therefore every Scribe, which is instructed in the Kingdom of Heaven,18631863 [R.V., “hath been made a disciple to the Kingdom of Heaven.” Chrysostom reads ἐν, the received text has ε with the accusative.—R.] is like unto a man that is an householder, which bringeth forth out of his treasure things new and old.”18641864 Matt. xiii. 52.
Wherefore elsewhere also He saith, “I will send you wise men and scribes.”18651865 Matt. xxiii. 34. Seest thou how so far from excluding the Old Testament, He even commends it, and speaks publicly in favor of it, calling it “a treasure”?
So that as many as are ignorant of the divine Scriptures cannot be “householders;” such as neither have of themselves, nor receive of others, but neglect their own case, perishing with famine. And not these only, but the heretics too,18661866 i.e., in particular the Manichæans, and other sects which deny the divinity of the Old Testament. are excluded from this blessing. For they bring not forth things new and old. For they have not the old things, wherefore neither have they the new; even as they who have not the new, neither have they the old, but are deprived of both. For these are bound up and interwoven one with another.
Let us then hear, as many of us as neglect the reading of the Scriptures, to what harm we are subjecting ourselves, to what poverty. For when are we to apply ourselves to the real practice of virtue, who do not so much as know the very laws according to which our practice should be guided? But while the rich, those who are mad about wealth, are constantly shaking out their garments, that they may not become moth-eaten; dost thou, seeing forgetfulness worse than any moth wasting thy soul, neglect conversing with books? dost thou not thrust away from thee the pest, adorn thy soul, look continually upon the image of virtue, and acquaint thyself with her members and her head? For she too hath a head and members more seemly than any graceful and beautiful body.
What then, saith one, is the head of virtue? Humility. Wherefore Christ also begins with it, saying, “Blessed are the poor.”18671867 Matt v. 3; Luke vi. 20. This head hath not locks and ringlets, but beauty, such as to gain God’s favor. For, “Unto whom shall I look,” saith He, “but unto him that is meek and humble, and trembleth at my words?”18681868 Is. lxvi. 2. And, “Mine eyes are upon the meek of the earth.”18691869 Ps. ci. 6, comp. Ps. lxxvi. 9. And, “The Lord is nigh unto them that are of a contrite heart.”18701870 Ps. xxxiv. 18. This head, instead of 288 locks, and flowing hair, bears sacrifices acceptable to God. It is a golden altar, and a spiritual place of sacrifice;18711871 βμο, θυσιαστριον. These two words are commonly used, the former in a bad, the other in a good sense, of Heathen, and Christian, or Jewish, altars respectively. This seems to be an invariable rule, as to the word βμο, in the Greek Bible except that it is used of the Jewish altar in the following places of the Apocrypha: Ecclus. l. 12, 14; 2 Macc. ii. 19, xiii. 8, which may suffice to show that it was occasionally employed, as by St. Chrysostom here, with no unholy association. “For a contrite spirit is a sacrifice to God.”18721872 Ps. li. 17. This is the mother of wisdom. If a man have this, he will have the rest also.
Hast thou seen a head such as thou hadst never seen? Wilt thou see the face too, or rather mark it? Mark then for the present its color, how ruddy, and blooming, and very engaging; and observe what are its ingredients. “Well, and what are they?” Shame-facedness and blushing. Wherefore also some one saith, “Before a shamefaced man shall go favor.”18731873 Ecclus. xxxii. 10. This sheds much beauty over the other members also. Though thou mix ten thousand colors, thou wilt not produce such a bloom.
And if thou wilt see the eyes also, behold them exactly delineated with decency and temperance. Wherefore they become also so beautiful and sharpsighted, as to behold even the Lord Himself. For, “Blessed,” saith He, “are the pure in heart, for they shall see God.”18741874 Matt. v. 8.
And her mouth is wisdom and understanding, and the knowledge of spiritual hymns. And her heart, acquaintance with Scripture, and maintenance of sound doctrines, and benevolence, and kindness. And as without this last there is no living, so without that other is never any salvation. Yea, for from that all her excellencies have birth. She hath also for feet and hands the manifestations of her good works. She hath a soul too, godliness. She hath likewise a bosom of gold, and firmer than adamant, even fortitude; and all may be taken captive more easily than that bosom may be riven asunder. And the spirit that is in the brain and heart, is charity.18751875 [ἀγπ ]
5. Wilt thou that in her actual deeds also I show thee her image? Consider, I pray thee, this very evangelist: although we have not his whole life in writing, nevertheless even from a few facts one may see his image shine forth.
First, as to his having been lowly and contrite, hear him, after his gospel, calling himself a publican; for his being also merciful, see him stripping himself of all and following Jesus; and as to his piety, it is evident from his doctrines. And his wisdom again it is easy to see from the gospel which he composed, and his charity18761876 [ἀγπην.] (for he cared for the whole world); and the manifestation of his good works, from the throne on which he is to sit;18771877 Luke xxii. 30. and his courage too, “by his departing with joy from the presence of the council.”18781878 Acts v. 41.
Let us imitate then this virtue, and most of all his humility and almsgiving, without which one cannot be saved. And this is shown by the five virgins, and together with them by the Pharisee. For without virginity indeed it is possible to see the kingdom, but without almsgiving it cannot be. For this is among the things that are essential, and hold all together. Not unnaturally then have we called it the heart of virtue. But this heart, unless it supply breath to all, is soon extinguished. In the same way then as the fountain also, if it confine its streams to itself, grows putrid; so it is with the rich also, when they keep their possessions to themselves. Wherefore even in our common conversation we say, “great is the consumption18791879 σψι, q.d. “the wear and tear.” of wealth with such a man;” instead of saying, “great is the abundance, great the treasure.” For in truth there is a consumption, not of the possessors only, but of the riches themselves. Since both garments laid by spoil, and gold is cankered, and corn is eaten up, and the soul too of their owner is more than they all cankered and corrupted by the cares of them.
And if thou be willing to produce in the midst a miser’s soul; like a garment eaten by innumerable worms, and not having any sound part, even so wilt thou find it, perforated on all sides by cares; rotted, cankered by sins.
But not such the poor man’s soul, the soul of him, I mean, that is voluntarily poor; but it is resplendent as gold, it shines like a pearl, and it blooms like a rose. For no moth is there, no thief is there, no worldly care, but as angels converse, so do they.
Wouldest thou see the beauty of this soul? Wouldest thou acquaint thyself with the riches of poverty? He commands not men, but he commands evil spirits. He stands not at a king’s side, but he hath taken his stand near to God. He is the comrade, not of men, but of angels. He hath not chests, two, or three, or twenty, but such an abundance as to account the whole world as nothing. He hath not a treasure, but heaven. He needs not slaves, or rather hath his passions for slaves, hath for slaves the motives18801880 λογισμος. that rule over kings. For that which commands him who wears the purple, that motive shrinks before him.18811881 [The translator has omitted a clause: “and dares not face him,” κα ντιβλψαι ο τολμ.] And royalty, and gold, and all 289 such things, he laughs at, as at children’s toys; and like hoops, and dice, and heads, and balls, so doth he count all these to be contemptible. For he hath an adorning, which they who play with these things cannot even see.
What then can be superior to this poor man? He hath at least heaven for his pavement; but if the pavement be like this, imagine the roof! But hath he not horses and chariots? Why, what need hath he of these, who is to be borne upon the clouds, and to be with Christ?
Having these things then impressed on our minds, let us, both men and women, seek after that wealth, and the plenty that cannot be rifled; that we may attain also unto the kingdom of heaven, by the grace and love towards man of our Lord Jesus Christ, to whom be glory and might forever and ever. Amen.

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